Mesure après mesure, année après année, on se désespérait de voir baisser un jour la consommation de tabac des Français. Cette fois, la décrue est engagée, et de manière significative.
En effet, on ne compte pas moins d’un million de fumeurs en moins dans notre pays soit une baisse de 2,5%, de 29,4 à 26,9%. Et ce sont les jeunes qui en sont les premiers bénéficiaires, ce qui constitue une excellente nouvelle. Seule ombre au tableau, ce constat n’est pas valable pour les générations au-delà de 45 ans, et notamment les femmes, dont la consommation augmente en même temps qu’explosent les maladies liées (cancers, maladies cardiovasculaires) réduisant ainsi l’avance des femmes sur les hommes en terme d’espérance de vie.
L’addition des différentes mesures, notamment le paquet neutre, l’augmentation répétée du prix, la prévention, a fini par payer et il faut en rendre hommage à Marisol Tourraine. Mais que n’a-t-on pas entendu dans le chœur des opposants pour vilipender ces mesures ? Nul doute que l’ensemble des mesures proposées par Agnès Buzyn et la majorité parlementaire vont amplifier le mouvement. Qu’il s’agisse du programme national de prévention (faire des nouveaux nés d’aujourd’hui la première génération de non-fumeur, populariser l’idée chez les jeunes adolescents que fumer n’est pas un acte d’émancipation et de liberté, mais bien au contraire la promesse d’un enfermement …), du forfait patch porté à 150 euros par an au lieu de 100 euros ou encore des augmentations prochaines, à hauteur de 1 euros par an sur trois ans pour porter le prix du paquet à 10 euros, ces mesures amplifieront le mouvement en réduisant la morbidité et la mortalité liées au tabac… comme les mesures de sécurité routière – également contestées – ont pu le faire dans un autre domaine.
Bien entendu, on a aussi critiqué l’impact de ces augmentations du prix du tabac sur le pouvoir d’achat des ménages, mais on a moins expliqué le gain de pouvoir d’achat important réalisé par celle et ceux qui stoppent le tabac, ainsi que les conséquences financières positives sur les cotisations sociales de l’ensemble des Français qui financent les soins nécessaires aux maladies provoquées par le tabac.