Banlieues: Macron appelle à « changer de méthode »

Pas de plan chiffré mais un changement de méthode pour rétablir l’égalité: des places en crèche aux stages de 3e, Emmanuel Macron a dévoilé mardi 22 mai une série de mesures pour les quartiers défavorisés s’inspirant, en partie seulement, du rapport Borloo.

« Je ne vais pas annoncer un plan banlieues », a déclaré le chef de l’Etat. Car « on est au bout » de ce qu’a pu produire cette stratégie « aussi âgée que moi », a ajouté M. Macron, pour qui « poursuivre dans cette logique est poursuivre dans l’assignation à résidence ».

Appel aux entreprises, stages, école: pendant une heure trente, le chef de l’Etat a déroulé une liste de mesures, en donnant un rendez-vous d’étape en juillet à divers acteurs de cette « mobilisation » visant à « construire une politique d’émancipation ».

Un « comité de suivi« , composé de personnalités tournantes, se réunira ensuite tous les deux mois, a-t-il détaillé, en rappelant les mesures gouvernementales dont ont déjà bénéficié les quartiers: police de proximité, dédoublement des classes de CP, mise à l’amende des consommateurs de cannabis…

Parmi les mesures effectivement reprises, la mise en chantier d’une « cour d’équité territoriale » ou la création de « 30.000 places en crèche » pour favoriser le travail des femmes avec une subvention de « 1.000 euros par place » dans les quartiers.

Alors que le chômage touche un quart de la population et un tiers des jeunes de ces quartiers, le chef de l’Etat a appelé les 120 plus grandes entreprises françaises à « prendre leur part » sur l’emploi et l’apprentissage, en diversifiant les embauches (avec des tests anti-discrimination dans les trois ans) et en proposant des stages aux élèves de 3e (15.000, soit autant que l’Etat).