Selon une étude de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Franche-Comté, entre 2002 et 2015 la population d’oiseaux a diminué de 23% (contre 30% au plan national entre 1997 et 2017). Dans notre région, ce sont 78% des canaris qui ont disparu des campagnes, 58 % des chardonnerets, 50% des tourterelles des bois et 28% des mésanges noires.
Selon la LPO, « treize espèces nichant auparavant en Franche-Comté, comme la perdrix rouge à l’état naturel, le butor étoilé, le cochevis huppé ou le bruant ortolan sont déjà éteintes, et 41,1 % des espèces recensées dans la région figurent sur la liste rouge des espèces menacées, dont une trentaine sont purement et simplement en danger critique. Sur 181 espèces nicheuses en Franche-Comté, 67 se portent bien, soit 37 % seulement ».
Les zones humides, les milieux forestiers et agricoles sont les plus affectées par cette disparition des oiseaux. La suppression des jachères, le drainage des zones humides, les fauches précoces en zone comté et l’intensification des pratiques agricole ont conduit à une uniformisation des paysages et la disparition des espaces de transition riches en biodiversité (les « écotones »). Cette banalisation des milieux favorise en revanche les espèces généralistes, dont les populations augmentent de façon exponentielle, comme les genets en prairie humide, les pics noirs en forêt ou les faucons pèlerins qui nichent en falaise. Quant aux milieux qui ne sont pas touchés par les pratiques citées plus haut, ils concentrent les activités humaines de chasse, pêche, loisirs liés à la nature…et voient en conséquence leurs qualités se dégrader elles aussi.
Paradoxalement, le milieu urbain est moins touché : les produits phytosanitaires y sont interdits, et la présence de vieux arbres favorise la biodiversité et le nichage. Des espèces jusque là cantonnées aux forêts se sont même adaptées au milieu urbain, comme le pigeon ramier ou la chouette hulotte. »
Ce constat souligne l’importance du prochain « Plan biodiversité » qui sera présenté par Nicolas Hulot en juillet prochain. Il sera élaboré par un comité interministériel, qui fixera les feuilles de route par ministère. Une consultation publique est actuellement en cours sur internet, et jusqu’au 7 juin. Vous trouverez ci-dessous le lien pour contribuer :
Vendredi 18 mai, Nicolas Hulot a annoncé un Plan pour la biodiversité qui prendra forme après un mois de concertations avec associations, citoyens et scientifiques. Participez à la concertation en cliquant ici.
Il s’articulera autour de cinq axes :
- protéger la biodiversité pour améliorer notre cadre de vie et nous adapter au changement climatique
- faire de la biodiversité le moteur du changement de nos modèles de production et de consommation pour réduire notre empreinte écologique en France et dans le monde
- protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes
- créer un cadre européen et international ambitieux pour la protection de la biodiversité
- rendre la connaissance et l’action pour la biodiversité accessible à tous.
En avril 2019, la session plénière annuelle de l’IPBES (Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) se tiendra Paris pour présenter une évaluation mondiale de la biodiversité, et en juin 2020, Marseille accueillera le 7e Congrès mondial de la nature, organisé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
« En annonçant un plan d’action pour lutter contre l’effondrement de la nature et l’accueil de deux rendez-vous scientifiques internationaux en 2019 et 2020, la France se positionne comme un leader mondial en matière de biodiversité », s’est réjouit le directeur général du WWF France, Pascal Canfin.
L’idée est de faire en 2020 pour la nature ce qui a été réussi à Paris en 2015 pour le climat avec la COP21.