En réponse aux réactions qui ont suivi mon interview dans Le Parisien

Il faut d’abord préciser que mon propos ne concernait évidemment pas les 80% de retraités aux revenus très modestes ou moyens pour lesquels nous avons décidé, pour les premiers, de ne pas appliquer l’augmentation de CSG (40% des retraités) et, pour les seconds (40% également), d’apporter une contrepartie avec le dégrèvement progressif puis total de la taxe d‘habitation.

Les 20% de retraités avec les pensions les plus élevées sont, eux, effectivement appelés à une contribution sans contrepartie : ce sont ceux dont la pension est supérieure à 2 500 euros par mois pour une personne seule et à 3 950 euros par mois pour un couple. Pendant sa campagne, le candidat Macron avait d’ailleurs été très clair sur les contributions qui leur seraient demandées.

J’ai simplement voulu expliquer que les retraites d’aujourd’hui – même si elles s’érodent depuis quelques années – restent plus élevées qu’elles ne l’étaient dans les années 60 (en proportion du pouvoir d’achat de l’époque) et qu’elles ne sont pas garanties au même niveau pour les futurs retraités du fait de l’allongement de la durée de cotisation. La génération du baby-boom a connu le plein emploi, la prospérité économique et l’accès à la propriété pour la plupart. Toutefois, tout le monde n’en n’a pas tiré le même profit et c’est la raison pour laquelle il est important de prendre en compte la diversité des situations, selon le montant des pensions, et de ne pas traiter tous les retraités de la même manière comme expliqué plus haut.

Il convient également de rappeler que si l’on acquiert des droits avec les cotisations, les sommes versées financent la retraite des générations qui ont précédé. Le fait d’avoir beaucoup travaillé apporte des droits, mais ces droits restent relatifs car si la génération suivante rencontre des difficultés, comme c’est le cas actuellement sur le marché du travail avec la compétition mondialisée, les répercussions se font sur les retraités actuels.

La réduction de cotisations salariales et l’augmentation de la CSG visent à améliorer les salaires, et donc le pouvoir d’achat, dans le secteur privé et pour 80% des indépendants, afin de mieux valoriser et rémunérer le travail – dont beaucoup considèrent qu’il ne paye pas suffisamment par rapport aux revenus sociaux.

L’autre objectif consiste à faire reposer le financement de la protection sociale sur l’ensemble des revenus et non plus sur les seuls revenus du travail, avec un régime de retraite plus universel et moins assurantiel. C’est un changement en profondeur.

J’ajoute également que lors des débats du Projet de loi de Finances 2018 pour la Sécurité Sociale, j’ai conduit une analyse détaillée des conséquences des différentes mesures sur la situation des retraités, et plus particulièrement sur ceux en EHPAD qui ne payent pas la Taxe d’Habitation. Mon action a notamment permis d’obtenir un relèvement du plafond de suppression de la taxe d’habitation qui est passé de 1 800 euros par mois de RFR (Revenu Fiscal de Référence) pour une personne seule à 2 500 euros et de 3 500 euros à 3 950 euros par mois pour un couple.

Enfin il convient de préciser que les députés participent logiquement aux efforts demandés à ceux qui le peuvent. Leur régime de retraite et d’indemnisation chômage va entrer dans le droit commun avec cette nouvelle majorité. Leur indemnité mensuelle de 5 700 euros est bien entendu concernée par l’augmentation d’1,7 point de la CSG, et ils ne bénéficieront pas du dégrèvement de taxe d’habitation. Les frais de mandat sont strictement listés, contrôlés et non assujettis à la CSG comme tous les frais professionnels, c’est également une décision de ce Gouvernement et de cette majorité. Les moyens pour rémunérer les collaborateurs sont gérés directement par l’administration de l’Assemblée nationale.

📺 Pour aller plus loin, je vous invite à (re)voir ma participation à l’émission La République LCI de ce mardi 6 mars. Replay à partir de 1h27min et 50s.

 

Suite à cette article, Eric Alauzet a également souhaité préciser ses propos en vidéo :