La privatisation des sociétés d’autoroutes menée par le gouvernement Villepin a contribué à créer des situations de rentes pour des entreprises dont le taux de profit est désormais sans commune mesure avec les investissements réalisés.
Elle prive la puissance publique de recettes indispensables au développement d’une politique de transports qui réponde aux besoins sociaux comme à la crise environnementale.
Les reculs dans la mise en place d’une ecotaxe poids-lourds, l’abandon du péage de transit poids lourds ne permettent pas aujourd’hui à la France de financer correctement les travaux d’infrastructures de transports. Il est indispensable de sortir de l’incertitude qui caractérise le vote de chaque loi de finances, et de l’instabilité des recettes de l’agence pour les infrastructures de transports et pour les collectivités. L’enjeu est d’engager des politiques de transport construites sur la durée et la stabilité de leurs financements.
La mise en œuvre de la disposition du rachat pour motif d’intérêt public, prévue au cahier des charges qui régit les rapports de l’Etat et de ces sociétés, mettrait l’Etat en situation de force lors de la négociation qui s’annonce.
Payées avec les impôts des Français, bradées dans l’urgence, nos autoroutes ne doivent plus constituer une source de profits exorbitants pour des sociétés privées, mais devenir une source de financements pour de nouveaux travaux d’utilité publique, générateurs de nouveaux choix de déplacement pour demain et créateurs d’emplois dès aujourd’hui.
Au-delà de la seule question financière, l’enjeu est également d’intégrer les autoroutes à une politique des transports cohérente, notamment à travers le Schéma Directeur National Logistique et la nouvelle loi sur les Transports Intérieurs annoncés pour 2015 lors de la Conférence Environnementale.
