Cet hiver, 29 % des ruches ont disparu dans le Doubs. Si ce pourcentage est moins élevé que dans d’autres départements, et que la saison à venir s’annonce encourageante, il n’en reste pas moins que la situation reste préoccupante tant au niveau local qu’international.
On estime qu’il y a environ 5000 ruches dans le Doubs. Une enquête auprès des apiculteurs a montré que cet hiver 375 ruches sur 1279 avaient été anéanties (soit 29%). Ce pourcentage est conforme à la moyenne nationale, mais masque des différences importantes.
Le rôle des abeilles est fondamental pour la biodiversité. Depuis les années 1980, leur nombre ne cesse de diminue : en cause, le varroa (un acarien originaire de l’île de Java), mais aussi les pesticides et néonicotinoïdes utilisés pour empêcher des insectes de détruire les plantes. Leurs effets neurotoxiques sont souvent fatals aux abeilles
Le 27 avril dernier, l’Union européenne a annoncé l’interdiction de trois substances de ce type (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride) dans les cultures de plein air (même si des dérogations restent possibles pour certaines cultures jusqu’en 2020). Soutenue par la Commission européenne, l’interdiction a été votée par une majorité qualifiée d’Etats membres lors d’un comité technique à huis clos. Seize d’entre eux, le minimum requis, ont donné leur feu vert à ces interdictions. Dont la France.
Le tribunal de l’Union a quant à lui confirmé jeudi 17 mai les restrictions d’utilisation imposées en 2013, qui étaient contestées par les fabricants Bayer et Syngenta.
La raréfaction des abeilles est également due à la réduction des espaces où le pollen et le nectar s’épanouissent. C’est pourquoi il est important de ne pas faucher trop tôt (comme le font désormais les collectivités)… y compris dans les jardins des particuliers.
Les abeilles sont aussi victimes d’un prédateur qui se répand en France : le frelon asiatique. Ses piqures sont très douloureuses, et elles peuvent s’avérer mortelles pour les personnes allergiques (même si l’on recense moins de 10 cas en France depuis l’apparition de l’espèce au début des années 2000). Un piège à frelons asiatiques vient d’être primé au concours lépine et devrait être prochainement commercialisé. Des pièges à réaliser soi-même (bouteille en plastique perforée, avec au fond un mélange de bière brune, vin blanc et sirop de grenadine) peuvent être efficaces s’ils sont placés près des nids, mais selon certains spécialistes ils favoriseraient la survie des individus les plus résistants, et surtout des reines.
40 000 tonnes de miel sont consommées chaque année en France, où les apiculteurs n’en produisent plus que 10 000 (contre 30 000 il y a un quart de siècle). Plus de la moitié de la consommation est donc importée, et le miel est parfois de fabrication chimique.