Personnes âgées : Agnès Buzyn présente sa feuille de route pour relever le défi du vieillissement à court et moyen terme

La Ministre de la Santé et des Solidarités a présenté mercredi 31 mai sa feuille de route pour relever le défi du vieillissement. Retour commenté sur ce train de mesures ambitieuses et éminemment nécessaire. 

Des mesures exceptionnelles ont été actées pour garantir une présence suffisante en établissement et répondre aux besoins médicaux croissants :

  • 360 millions d’euros supplémentaires de 2019 à 2021 pour recruter des personnels soignants, au total ce sont donc 430 millions supplémentaires qui vont être mobilisés sur ce poste de 2018 à 2021 ;
  • 36 millions pour généraliser la présence d’infirmiers de nuit d’ici 2020 ;
  • 40 millions pour l’accès à la télémédecine ;
  • 15 millions pour 1000 places d’hébergement temporaire en EHPAD ;
  • Le blocage de la réforme de tarifs afin qu’aucun établissement ne voie ses moyens diminuer.

 

Au total, 521 millions supplémentaires sont mobilisés pour ces différentes actions de 2018 à 2021. Si le recrutement de personnel et la présence d’infirmiers de nuit répond à un besoin urgent et est une nécessité de sécurité, il est intéressant de noter que les investissements dans la télémédecine et les places d’hébergement permettent aussi de repenser le rôle des Ehpad et intègrent une vraie vision en terme d’efficience de la dépense de santé.

Particulièrement, il semble nécessaire de s’interroger sur la place et le rôle des Ehpad dans notre système de santé, notamment dans leurs relations avec les autres établissements de soins et avec les professionnels de santé. Eric Alauzet pense cette réflexion nécessaire pour améliorer la qualité des soins et de l’hébergement tout en assurant leur soutenabilité financière sur long terme dans une logique « gagnant-gagnant » pour les patients et l’Etat. Il entend suggérer plusieurs pistes d’actions allant dans ce sens dans son rapport sur le projet de loi de finance de la sécurité sociale de 2019.

Par ailleurs, le Député se félicite de l’importance donnée à la prévention dans les mesures proposées. Chose rare, le gouvernement a décidé d’allouer directement un budget conséquent, 175 millions au total de 2018 à 2020, à deux grands types d’actions : le financement des plans de prévention en Ehpad et la refonte de l’aide à domicile pour la rendre plus accessible et améliorer sa qualité. En parallèle, un plan de soutien aux aidants sera lancé et des enquêtes de satisfaction seront conduites dans les Ehpad.

Un véritable chantier est aussi ouvert concernant la qualité de vie au travail des personnels. Eric Alauzet souligne que celle-ci ne peut être dissociée de la qualité des soins et de l’hébergement. En effet, des conditions de travail difficiles tendent à réduire la qualité des soins dispensés. A l’inverse, une mauvaise qualité de soin et d’hébergement, souvent générée par des cadences trop importantes et des effectifs limités, tend à décourager les personnels qui y voient une « perte de sens » et éprouvent de la culpabilité. Remettre la qualité de vie au travail au centre de l’approche, c’est donc entrer dans un cercle vertueux pour les patients comme pour les personnels soignants et encadrants. Ce constat peut paraître simple, mais il est encore loin d’être une évidence dans le monde médical. Les mesures annoncées d’investissement dans les locaux ou la formation des managers, pour un montant de 16 millions d’euros, ainsi que la révision de la formation des aides-soignants, vont dans ce sens. Le Député souhaite aller plus loin encore en faisant de la qualité de vie au travail un critère à part entière de suivi des établissements et des dépenses de santé.

Enfin, le Député soutient le gouvernement dans le lancement des grandes réflexions proposées par la Ministre et qui seront l’occasion de consulter à nouveau les citoyens en répondant aux questions suivantes :

  • Quelles sont les priorités, le socle de biens et de services qui doivent être à l’avenir accessibles à toutes les personnes âgées pour accompagner le vieillissement et la perte d’autonomie ?
  • Quels sont les scénarios de répartition des contributions de chaque acteur pour assurer un financement pérenne et solidaire de la perte d’autonomie ?
  • Comment faire évoluer la gouvernance nationale et territoriale des politiques publiques du vieillissement et de la perte d’autonomie ?