Renforcement de la sécurité routière et limitation de la vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire

A l’issue du dernier Conseil Interministériel sur la Sécurité Routière (CISR) du 9 janvier dernier, le Premier Ministre a annoncé une série de mesures (éthylotest anti-démarrage pour les récidivistes, renforcement des contrôles pour usage du téléphone au volant, verbalisation des refus de priorité aux piétons…) pour renforcer la sécurité routière. Pour contrebalancer ces mesures plus répressives, un dispositif de ‘bonus’ pour les conducteurs vertueux est à l’étude.

Mais la mesure qui a fait le plus parler d’elle est la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires au 1er juillet 2018, après une expérimentation menée depuis 2015 sur 86 kilomètres, dont 14 dans notre région sur la RN57 entre Vesoul et Besançon.

Cette mesure, selon le Premier Ministre, devrait épargner une vie par jour. Son efficacité sera évaluée après deux ans de mise en œuvre, soit au 1er juillet 2020.

La réduction de la vitesse à 80 km/h fait suite à plusieurs constats :

  • la mortalité routière a repris sa progression alors qu’elle diminuait constamment depuis le milieu des années 70
  • 55% des accidents mortels ont lieu sur les axes routiers concernés par l’abaissement de vitesse étudié (et même 87% si l’on prend uniquement les axes hors agglomération).
  • L’excès de vitesse ou l’emploi d’une vitesse inappropriée est la première cause de décès sur les routes, devant l’alcool et l’usage de stupéfiants : il est responsable de 32% des accidents mortels.
  • la vitesse moyenne constatée sur les deux voies a progressé de 3-4 km/h depuis 2012.
  • rouler à 80 au lieu de 90 km/h réduit la distance de freinage de 17 mètres, soit plus d’un quart de la distance nécessaire pour s’arrêter en roulant à 80 km/h.
  • la réduction de la vitesse maximale permet aussi de réduire les émissions de polluants et la consommation de carburant.  En 50 ans, la route a fait 500 000 morts en 50 ans, et des blessés bien plus nombreux. C’est en réaction à ce terrible constat que motards et automobilistes ont fait l’objet depuis les années 1970 de contraintes croissantes de circulation, qui ont régulièrement suscité des mécontentements.
  • D’un point de vue global, rouler à 80 au lieu de 90 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur c’est sauver de 200 à 400 vies par an d’après les calculs du CNSR. C’est faire un premier pas vers l’objectif ambitieux qui vise à faire passer la mortalité routière sous la barre des 2 000 morts par an contre encore 3655 aujourd’hui.

Car c’est une constante, les usagers de la route ont toujours contesté les mesures de sécurité. Les Français se sont par exemple insurgés pendant pas moins de trois ans contre la ceinture de sécurité à l’avant, alors qu’elle est aujourd’hui parfaitement acceptée.

Le député a été interpellé par plusieurs associations d’usagers de la route. Il leur a rappelé que si l’état du réseau routier et la fiabilité des véhicules sont à prendre en compte dans l’amélioration de la sécurité routière, la vitesse, la distraction (téléphone), l’alcool ou les stupéfiants représentent toujours 92% des causes d’accidents. Il a également souligné combien son expérience de médecin confronté à la détresse des victimes d’accidents de la route et de leurs proches l’a rendu sensible à cette problématique de la sécurité routière.

Pour conclure, il est important de souligner que les effets potentiels de l’abaissement envisagé sont particulièrement forts comparés aux inconvénients qu’ils engendrent pour les usagers des routes concernées. En effet, la perte de temps est de 45 secondes pour un trajet de 10km et de 3 minutes pour un trajet de 40km. C’est tellement peu par rapport aux bénéfices attendus en matière de vies épargnées !