La réforme s’applique dès la rentrée de septembre 2019. Les séries L, ES et S disparaissent et cèdent la place à une seule filière d’enseignement général. Tous les élèves de 1ère suivront un tronc commun de français, d’histoire-géographie, d’enseignement moral et civique, de 2 langues vivantes, d’EPS et d’enseignement scientifique. Outre cet enseignement commun, chaque élève de 1ère devra construire son propre parcours en choisissant 3 spécialités parmi les 12 enseignements suivants : arts ; biologie-écologie ; histoire-géographie-géopolitique et sciences politiques ; humanités-littérature et philosophie ; langues-littératures et cultures étrangères ; littérature-langues-cultures de l’antiquité ; mathématiques ; numérique et sciences informatiques ; physique-chimie ; sciences de la vie et de la terre ; sciences de l’ingénieur ; sciences économiques et sociales.
Parents et enseignants partagent des inquiétudes bien légitimes qui méritent d’être prises en compte. Elles s’articulent autour des quatre interrogations suivantes.
- A 15 ans, l’élève a-t-il la maturité suffisante pour bâtir son parcours personnel ? Est-il en capacité de définir avec certitude son projet professionnel ? Les matières qu’il choisira ne risquent-elles pas de compromettre des filières d’enseignement supérieur ? Un exemple : les mathématiques ne seront plus obligatoires en 1ère et en terminale. Est-ce que cela ne risque pas de fermer certaines formations postbac ?
- La réforme n’est-elle pas précipitée et insuffisamment préparée ? L’enseignement supérieur est-il prêt à s’adapter à ce nouveau baccalauréat et a-t-il intégré l’impact de ces modifications dans ses attendus et formations ? Après leur rejet par le Conseil Supérieur de l’Education des 18 et 19 décembre, les nouveaux programmes seront-ils prêts pour la rentrée 2019 ? Les chefs d’établissement et les équipes pédagogiques disposent-ils de toutes les informations pour appliquer cette importante réforme dès la rentrée prochaine ?
- En matière d’organisation, quels seront les moyens mis à disposition des proviseurs pour accueillir tous les élèves s’ils étaient très nombreux à choisir un ou des enseignements de spécialités ? Est-on certain qu’ils ne seront pas refusés et contraints de prendre par défaut un autre enseignement ? A contrario, que deviendront les enseignements qui seront choisis par très peu d’élèves ? Seront-ils maintenus ?
- La pérennité des « petits » lycées est-elle garantie ? Comment le lycée unique d’une ville petite ou moyenne, éloigné d’un autre établissement ne lui permettant pas de travailler en réseau, pourra-il offrir les 12 enseignements de spécialité ? Ces enseignements ne seront-ils pas réduits à 3 ou 4, conduisant les élèves à choisir par défaut et aboutissant à recréer de fait les ex-filières supprimées par la réforme ?
Ce sont ces questions essentielles, partagées par la grande majorité des parents d’élèves et des personnels de l’Education Nationale, qu’Éric ALAUZET a portées auprès du Ministre Jean-Michel BLANQUER.